After a post on Victoria Reynolds’ photographs directly related in my opinion to Gilles Deleuze‘s Logic of sensation (1981) about Francis Bacon‘s work (see previous post), here is another quote. (original French version follows the English text).

It is a mistake to think that the painter works on a white surface. The figurative belief follows from this mistake. If the painter were before a white surface, he – or she – could reproduce on it an external object functioning as a model. But such is not the case. The painter has many things in his head, or around him, or in his studio. Now everything he has in his head or around him is already in the canvas, more or less virtually, more or less actually, before he begins his work. They are all present in the canvas as so many images, actual or virtual, so that the painter does not have to cover a blank surface, but rather would have to empty it out, clear it, clean it. He does not paint in order to reproduce on the canvas an object functioning as model; he paints on images that are already there, in order to produce a canvas whose functioning will reverse the relations between model and copy. In short, what we have to define are all these “givens” [données] that are on the canvas before the painter’s work begins, and determine, among these givens, which are an obstacle, which are a help, or even the effects of a preparatory work.

Gilles Deleuze. Francis Bacon The logic of sensation. Continuum 2003 (translated by Daniel W. Smith)

C’est une erreur de croire que le peintre est devant une surface blanche. La croyance figurative découle de cette erreur : en effet si le peintre est devant une surface blanche, il pourrait y reproduire un objet extérieur fonctionnant comme modèle. Mais il n’en est pas ainsi. Le peintre a beaucoup de choses dans la tête, ou autour de lui, ou dans l’atelier. Or, tout ce qu’il a dans la tête, ou autour de lui est déjà dans la toile, plus ou moins virtuellement, plus ou moins actuellement avant qu’il ne commence son travail. Tout cela est présent sur la toile, a titre d’images, actuelles ou virtuelles. Si bien que le peintre n’a pas à remplir une surface blanche, il aurait plutôt à vider, désencombrer, nettoyer. Il ne peint donc pas pour reproduire sur la toile, un objet fonctionnant comme un modèle, il peint sur des images déjà là, pour produire une toile dont le fonctionnement va renverser les rapports du modèle et de la copie. Bref ce qu’il faut définir, ce sont toutes ces « données » qui sont sur la toile avant que le travail du peintre commence. Et parmi ces données, lesquelles sont un obstacle, lesquelles une aide, ou même les effets d’un travail préparatoire.

Gilles Deleuze. Francis Bacon Logique de la sensation. Seuil 2002